Eviter toute altération de la santé des travailleurs du fait de leur travail
vendredi 22 mai 2026
La loi du 11 octobre 1946 a organisé la médecine du travail en France, en affirmant, dans un premier temps, le rôle « exclusivement préventif » des médecins du travail pour éviter toute altération de la santé des travailleurs du fait de leur travail. Huit décennies plus tard, ce texte fondateur interroge les professionnels de santé-travail dans un environnement aujourd’hui profondément transformé par les mutations du travail, la complexification du droit et l’élévation des attentes sociales en matière de santé. L’ISTNF propose, en associant le témoignage de douze acteurs de santé au travail des Hauts-de-France interrogés entre mars et avril 2026, de mettre en relief ce qui anime la médecine du travail depuis toujours : contribuer à réduire les inégalités liées à l’impact du travail sur la santé au sein de la population.
- Anne-Isabelle AFONSO : « Si l’on continue à manquer de médecins, de plus en plus de choses seront déléguées aux infirmiers. »
- Laetitia COUDERC : « Il peut encore y avoir des demandes « outils », mais nous réengageons systématiquement la discussion sur le pourquoi, le comment, sur l’activité réelle. »
- Alain CUISSE : « Je vois encore souvent des entreprises qui réclament leurs visites médicales, mais rarement des entreprises qui réclament une démarche de prévention. »
- Isabelle DESMARAIS : « La fusion nous a donné les moyens de renforcer les équipes et d’y intégrer des compétences complémentaires. »
- Caroline FRANSOIS : « On arrive à des équipes au sein desquelles un médecin travaille avec deux voire cinq infirmiers. »
- Adeline GERARD : « Mes missions sont axées sur le terrain en AMT, ainsi que sur la rédaction. Je suis une interlocutrice privilégiée de l’adhérent en matière de prévention des risques professionnels. »
- Nassim MEHIDI : « Il est nécessaire de nuancer nos propos quand nous parlons de risques psychosociaux, en insistant plutôt sur des facteurs de risques et des facteurs protecteurs. »
- Florence MEURANT : « Nous avons parfois l’impression de ne voir que des salariés qui sont en difficulté et dont le maintien au poste ou dans l’emploi est compromis. »
- Alain MONIEZ : « Nous sommes passés d’une médecine de dépistage de masse à une médecine de cas complexes. »
- Elodie LE RAZER : « Ça demande de l’énergie, pour une personne, de venir voir une assistante sociale en santé au travail, de prendre conscience que « ça ne va pas », et de décider d’avancer. »
- Alexandra SPAHLHOLZ : « Dans mon ancienne spécialité comme dans la nouvelle, il y a des mots clés que je retrouve : prévention, pluridisciplinarité. »
- Damien VANDORPE : « Je souhaite que nous devenions de vrais partenaires des entreprises, pour qu’elles comprennent ce qu’elles gagnent à mettre en œuvre nos conseils de prévention. »