En cas de signalement de harcèlement sexuel

lundi 26 janvier 2026

Cass. soc., n° 24-19.544 du 14 janvier 2026
En cas de signalement de harcèlement sexuel, l'employeur n'a pas l'obligation de procéder à une enquête interne avant de licencier pour faute grave l'auteur des faits

Dans cet arrêt publié le 14 janvier 2026 la Cour de cassation rappelle qu'en matière prud'homale, la preuve est libre.

Ainsi, en cas de signalement de harcèlement sexuel, l'employeur n'a pas l'obligation de mener une enquête interne pour corroborer les faits.

En cas de contentieux, il appartient aux juges d'apprécier la valeur et la portée des pièces produites par les parties pour se prononcer sur l'existence du harcèlement sexuel.

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En l'espèce, un salarié a été licencié pour faute grave suite à la dénonciation de ses agissements sexuels par 2 salariées : il a suivi une salariée dans un local, l'a enlacée et a tenté de l'embrasser contre son gré à plusieurs reprises ; il a également fait irruption dans le bureau d'une autre salariée qui était en audioconférence en déboutonnant son pantalon et en sortant son sexe en érection devant elle en tentant d'attraper sa main afin qu'elle le touche.

Pour justifier leurs dires, les salariées font état d'une plainte auprès des services de police, de différentes attestations de salariés qui témoignaient avoir recueilli leurs confidences peu de temps après les faits ainsi que d'un compte rendu d'une psychologue ayant reçue l'une des salariées.

La Cour d'appel déclare le licenciement sans cause réelle et sérieuse au motif que l'employeur s'était contenté des seules déclarations des salariés, sans procéder à une enquête interne pour corroborer les faits.

La Cour de cassation censure l'arrêt d'appel en affirmant qu'aucune disposition du Code du travail n'impose à l'employeur de mener une enquête interne en cas de signalement de harcèlement sexuel.

Il appartenait aux juges du fond d'apprécier la valeur et la portée des auditions et attestations produites pour se prononcer sur le harcèlement sexuel sans pouvoir l'écarter d'office du fait de l'absence d'enquête interne ; la preuve étant libre en matière prud'homale.

Les parties sont renvoyées devant une nouvelle Cour d'appel qui devra se prononcer sur le harcèlement sexuel et le bien-fondé ou non du licenciement en prenant en compte ces éléments.


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Retrouver le texte officiel sur le site de la Cour de cassation


 

 

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